LH61 - La LH du début d'une aventure en Suid Afrika

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Les Télévoyages d’Amélie - la culture Afrikaans (1)

Les Télévoyages d'Amélie : la culture Afrikaans (1)

article écrit par Amélie Tochon

Par Afrikaans j'entends les descendants des colons néérlandais installés en Afrique du Sud lors de la colonisation du pays de culture Afrikaans, quelque soit leur couleur de peaux. Je n'utiliserais pas ici le terme Afrikaner, qui a été très utilisé pour désigner les Afrikaans mais blancs, très relié à l'Apartheid qui est moins utilisé par la communauté afrikaans actuellement à cause de ce poids historique.

Drapeau utilisé pour représenter les Afrikaans (Vryheidsvlag, le drapeau de la liberté en afrikaans)

Les Afrikaans sont arrivés en Afrique du Sud lorsque la VOC (la compagnie néérlandaise des indes orientales, en néérlandais Vereenigde Oostindische Compagnie) établi une colonie au Cap de Bonne espérance de ravitallement au 17ème siècle entre les Pays bas et les colonies d'Asie du Sud est.

Photo du Cap de Bonne espèrance

Position du Cap de Bonne espérance

Drapeau de la VOC de 1650

Reconstitution d'un bateau de la VOC avec la bannière de la VOC

Tableau représentant l'arrivée de Jan Van Riebeeck, le premier dirigeant colonial de la colonie du Cap

Mais d'abord qu'est ce que la VOC. La VOC est la compagnie néérlandaise fondée en 1602 par le conseil dirigeant des actuel Pays bas qui depuis peu étaient devenus indépendant de l'espagne.

Carte des 7 Pays bas unis, que l'on appelée aussi les Provinces unis

A cause de cette indépendance, les Pays bas étaient en guerre avec l'Espagne. Hors depuis la formation de l'union Ibérique en 1580, l'Espagne et le Portugal étaient unis sous une seule bannière. Ainsi, les Pays bas étaient en guerre avec toute les puissances qui dominaient le marché des épices. Les autorités néérlandaise fot décider de donner de nombreux pouvoirs à des compagnies, qu'ils font unir pour qu'elles aillent chercher directement à la source les épices. La VOC fut ainsi formée. Elle formait quasiment un véritable état au sein des Pays bas, ayant l'autorisation de créer des colonies et de s'en occuper directement.

Cette capacité permit à la compagnie de former des colonies. Elle devient ainsi une entreprise très brutal, qui n'hésita pas à massacrer, esclavagiser des locaux pour ces propres intérêts.

Exemple de violence : Population Arakanaise vendues comme esclave à la VOC ( si la culture arakanaise vous intéresse, pour plus d'information sur eux voici le lien de l'épisode)

Son siège se trouvait à Batavia, l'actuel Jakarta, la capitale de l'Indonésie (rappelons que l'Indonésie était une colonie et même la colonie principale de la VOC)

Position de Jakarta en Indonésie

Carte indiquant la position de l'empire colonial néérlandais

Cela nous montre l'esprit des gens qui dirigeait ces colonies vis à vis des populations autochtones et c'est cette esprit qui restera dans la tête des premiers colons néérlandais, allemands et venant des Pays bas espagnols après la perte des Pays Bas ( approximativement, l'actuel Belgique et Nord pas de calais), de Scandinavie et des Huguenots ( les français protestants ayant fuit la France après la révocation de l'édit de Nantes, fuyant les persécutions qu'ils subissaient en France).

Carte approximative des Pays bas espagnols en Jaune après l'indépendance des Pays Bas

Huguenot qui le jour de la Saint barthelemy refuse de porter l'insigne Catholique pour se protéger

Arrestation d'une femme huguenot

C'est le 6 avril 1652, que 5 navires de la VOC arrivèrent au cap pour y établir une colonie, ils étaient dirigée par Jan van Riebeeck. A leur arrivé, ils rencontrent les Khoikhois.

Représentation de Khoikhois

Tenues traditionnelles Khoikhois

Habitations Khoikhois

Portrait de Jan van Riebeeck

Les colons ne sont alors que 90, dont seulement 8 demoiselles. Ils fondent alors le Cap, une des actuels capital de l'Afrique du Sud (elle est la capitale parlementaire de l'Afrique du Sud).

Représentation du Cap dans ces premières années

Le Cap ne devait initialement pas être une colonie mais un simple comptoir pour aider la compagnie des Indes. Il avait été choisi à cause de sa position centrale pour le commerce entre l'Europe et l'Asie ( le détroit de Suez n'existant pas à cette époque, il fallait faire le tour de l'Afrique pour atteindre par la mer et c'était donc importait pour la VOC qui avait pour mission de récupérer des épices à la source ). Cependant pour nourrir la population de colons du comptoir, Jan van Riebeeck obtient que les colons soient libérés de leurs obligations vis à vis de la compagnie et puissent commencer à établir des fermes dans la région et commercer.

En février 1657, la VOC répondit favorablement à cette demande en délivrant 9 autorisations à des employés libérés de leurs obligations pour qu'ils puissent s'établir sur la rive de la rivière Liesbeek. Ils allaient former les bases d'une classe de colons fermiers libres, appelées les vrijburghers (ce qui veut dire les Franc-Bourgeois), où plus simplement les Burghers, où les Boers ( ce qui veut dire fermier en Néérlandais et en afrikaans ( la langue issu du Néérlandais que développeront les colons ) ). Cependant en agissant de la sorte, la VOC donne des terres qui ne lui appartiennent mais appartiennent aux Khoikhois qui d'autant plus utilisent ces terres pour leur agriculture, de plus la VOC utilisent capturent des Khoikhois pour les utiliser comme esclave. Cela va provoquer des guerres entre les colons et les Khoikhois, une guerre de 18 ans, de 1659 à 1677. La première de ces guerres sera provoqué par Nommoa ( aussi connu sous le nom de Doman, le nom que lui donneront les néérlandais), un interprète utilisée par la colonie pour communiquer avec les Khoikhois.

Représentation de Burghers du Cape

Boers s'établissant

Les premières habitations de Boer

La société Boer devient alors une société de culture de la vigne, du blé et sur l'esclavage des populations locales et des populations sous dominations de la VOC (énormément de malais seront envoyés dans la colonies comme esclave formant les malais du cap). Cependant très rapidement on notes dans la colonies l'arrivée de mariage entre colons néérlandais et avec les populations locales et la naissance de population mixte ( entre colons et population locale mais aussi avec les esclaves venues d'Asie).

Carte indiquant la position de la Malaisie dans le monde

femmes Malaises du Cap en tenue de mariage

En 1688, 238 Huguenots chassaient par la révocation de l'édit de Nantes ( l'édit de Nantes étaient l'édit qui offrait des droits religieux, civiles et politiques aux protestants dans certaines parties du royaume) rejoignirent les 800 colons de la colonie du Cap. Ils aideront au développement de la viticulture dans la vallée Olifantshoek ( ce qui signifie le coin des éléphants en néérlandais et aussi en Afrikaans). Ils fonderont Franschhoek ( ce qui signifie le coin des français en Afrikaans, la langue des Afrikaans).

Maison de Franschhoek

Armoiries de la ville dont la devise est en français

En 1706, les colons expriment leurs méfiances vis à vis de l'état colonial de la VOC. Un jeune Hendrik Bibault refuse d'obéir aux injonctions d'un juge publiquement. Il dira ouvertement qu'il n'était pas néérlandais mais afrikaner ( ce qui signifie africain en néérlandais et en Afrikaans) . En partie à cause de cette évenement, la VOC décide donc d'arrêter l'émigration dans la colonie venue d'Europe et d'intensifier son administration pour mieux contrôler le commerce et les colons afrikaans.

Cette administration très dur créé chez les colons néérlandais un souhait de libéralisme. Les populations blanches sont alors appelées les Boers ( les fermiers en néérlandais) et cherchent à échapper à l'administration de la VOC en fuyant pour s'établir sur les terres hors de la juridiction de la compagnie. De plus les colons parlaient majoritairement le néérlandais parlaient dans le sud de la hollande et cette situation va permettre le développement de la langue afrikaans.

Carte de la province d'Hollande Méridionale là où l'on parlait le dialecte du Néérlandais ancêtre de la langue afrikaans

Cependant en fuyant la VOC, ils entrent en conflit avec les Khoïkhoïs, leur volant leurs terres. Ils s'installent dans le désert de Karoo.

Boers dans le désert de Karoo

Désert de Karoo

Quelques paysages du désert

Durant cette période, au nom de l'église protestante les afrikaans blancs prônent l'égalité entre eux mais leur supérioté face aux noirs. Le statut des métisses est très compliqués, en effet à l'inverse de la politique aux états unis qui dit qu'une seule goutte de sang noir et tu es noir, pour les Boers, les métisses ne sont pas assez blancs pour être blanc, pas assez noir pour être noir et pas assez asiatique pour être asiatique. Ils obtiennent ainsi un statut qui va varier selon les époques entre plus d'indulgence et le même status que les populations autochtones noires. les Boers se considèrant toujours supérieur à eux.

Ce qui est pour moi d'autant plus étonnant alors même que pour certains de ces métis, leur langue est l'afrikaans et qu'ils ont toujours vécus parmis les colons et ont de ce fait généralement une culture quasi identique à celle des colons.

Les métis ayant à cause de leur spécificité ce statut étonnant au sein de la société boer, entre jamais pleinement intégrés mais rarement pleinement exclus.

Dessins de population métisse du Cap

A partir de 1779, l'expansion des Boers vers l'Est provoque des conflits entre les Boers et les populations locales, les Xhosas

Populations Xhosas

Guerrier Xhosa

Population de langue Xhosa

Xhosas durant la chasse

Région de langue Xhosa en actuel Afrique du Sud

En réaction, les autorités du Cap entrent en conflit avec les Xhosas annexant une partie de leurs terres.

En 1795, une nouvelle révolte a lieu dans la région, plus exactement dans la ville de Graaff-Reinet contre les autorités néérlandaises.

Photo de Graaff-Reinet

Les autorités néérlandaises reprennent le contrôle de la situation mais la même année, les Britanniques prennent le contrôle de la colonie.

En 1803, les néérlandais reprennent le contrôle de la colonie, mais la reperdent définitivement en 1806 au profit des anglais formant ainsi la colonie du Cap.

Carte de la colonie du Cap

Drapeau de la colonie du Cap

Au début du XIXème siècle, la mentalité afrikaans se cristalisse guidée par la pensée religieuse calviniste qui apporte ce sentiment chez les Afrikaans blancs ce sentiment d'être des sortes de nouveaux hébreux, un peuple élue à qui on a offert une terre promise ( Mentalité que l'on a retrouvé chez les états uniens durant la ruée vers l'ouest), mais aussi par la formation de l'Afrikaans qui devient une langue à part du néérlandais et par la formation d'une jeune culture Afrikaans.

Cependant une division se forme alors entre les Afrikaans blancs de la ville plus sensible au prestige de la société anglaise et les afrikaans blancs de la campagne plus attachés à leur indépendance et leur autonomie.

Les autorités anglaises mettent en place des protections pour défendre les métis et les Khoikhois et les Xhosas libres en leur fournissant des contrats de travails et en leur permettant des recours contre leurs employeurs.

Un événement en 1815 va structurer le ressentit des boers contre les Khoikhois, les Xhosas et les populations afrikaans non blanches et contre les autorités anglaises. En effet, Frederic Bezuidenhout, un jeune Boer est tué par un policier Khoikhois alors qu'il devait être amener devant la justice après qu'il est résisté à son arrestation. Son frère soulève alors une soixante de fermier pour le venger. Ils sont alors capturés et 5 de ces fermiers sont condamnés à mort. Le 9 mars 1816, ils sont pendus, quatre le sont deux fois car leurs cordes avaient rompus sous leur poids.

En 1822, les autorités anglaises retirent le néérlandais des langues officiels dans les tribunaux et avec les services du gouvernementaux de la colonie du Cap. En 1828, l'anglais devient la seule langue officielle de l'administration des affaires administratives et religieuses.

En 1833, les anglais reconnaissent l'égalité entre les noirs et les blancs dans la colonie et abolisse l'esclavage. Cependant les autorités coloniales n'indémenisent pas les boers pour la perte de leurs esclaves, créant un fort ressentiment de ces derniers envers les autorités coloniales.

Les Boers partent alors en grande exode principalement à partir de 1835. Les gens partis sont alors appelés les Voortrekkers. Cette épisode de migration est appelée le Grand Trek. Un des chefs de cette période Piet Retief critiquent les autorités anglaises qui n'ont pas indémenisaient les fermiers après l'abolition de l'esclavage et qu'il juge incapable de défendre les Boers sur les frontières de la colonie. Il termine en évoquant la terre promise ( comme celle promise aux hébreux dans la bible, les états uniens utilisant également cela dans leur discours lorsqu'ils allèrent vers l'ouest prendre les terres des premières nations) aux boers.

Drapeaux représentant les Voortrekkers

Représentation des Voortrekkers

Chariots des Voortrekkers

Représentation d'une famille Voortrekker

Carte des migrations des Boers

Représentation de Piet Retief

Cérémonies commémoratives du Grand Trek en 1938

Les Boers font alors aller vers le pays des Zoulous.

Carte indiquant la position actuel des locuteurs de la langue zoulou et donc une approximation du pays Zoulou

L'expédition initiale fut dirigée par Piet Retief et elle rencontra alors le roi des Zoulous, Dingane kaSenzangakhona. Piet Retief fit alors part de sa volonté de paix avec le peuple Zoulou mais également de son souhait pour les Afrikaans qui l'avaient suivi de s'établir dans la région avec lui si le roi le veut bien.

Dingane kaSenzangakhona

Le roi accepte à condition que Piet Retief et les siens prouvent leurs capacités en affrontant un seigneur local. Piet Retief y les siens y arriveront sans trop de difficulté ce qui attirera la peur pour le roi, les voyant ainsi comme une menace pour son peuple. Cependant, le roi signe un traité donnant une partie de son territoire aux Afrikaans, cependant juste après avoir signé le traité le 6 février 1838, il organise le massacre de Piet Retief et de ces hommes. Il envoya alors 7000 guerriers Zoulous massacraient les campements Afrikaans.

Représentation d'un guerrier Zoulou

Représentation de la signature du traité

Cela va provoquer les massacres de Blaauwkrans et Weenen où les guerriers Zoulous massacrent aussi bien les soldats que les civils ( 185 enfants, 56 femmes et 41 hommes afrikaans perdent la vie durant ces massacres, ainsi que 250 Khoikhois et Sothos ( un autre peuple de l'actuel Afrique du Sud et de l'actuel Lesotho)).

Sothos en tenues traditionnelles

Représentation du massacre de Weenen

De nombreux afrikaans quittèrent alors le pays Zoulous, pendant que les survivants furent découragés. En Novembre 1838, le Boer Andries Pretorius arriva avec quelques renforts à la rescousse des survivants.

Portrait d'Andries Pretorius (le nom de l'actuel capitale administrative de l'Afrique du Sud, Pretoria vient de son nom)

Le 16 décembre 1838, 15 000 guerriers Zoulous se jettèrent sur 840 Afrikaans métisses et blancs unis dont Andries Pretorius au bord de la rivière Ncome. La bataille se solda par la mort de 3000 guerriers zoulous et quelques blessés afrikaans. On renomma alors la rivière la rivière sanglante (Bloedrivier en Afrikaans) après cette bataille.

Représentation de la bataille de la rivière sanglante

Représentations de demoiselles afrikaans rechargeant les fusils

Statut représentant l'Afrikaans Sarel Cilliers prêtant hommage devant dieu avant la bataille de la rivière sanglante

Cette bataille fut décisive et marqua un tournant dans le conflit entre les Zoulous et les Afrikaans. Elle commença à provoquer dans le camp Zoulou un mécontentement vis à vis du roi. Cela s'accentua après la défaite Zoulou face au peuple voisin des Swazis( le peuple de l'actuel Eswatini), défaite survenue après avoir tenté de rattraper les pertes obtenues face aux Afrikaans. Le demi frère du roi Zoulou, Mpande soutenu par les Afrikaans entama une révolte contre son frère. Après la victoire de Magango, victoire où les Afrikaans et les alliés de Mpande ont vaincus les armées de Dingane, il devient roi des Zoulous et donna aux Afrikaans les terres de la moitié de la région de Natal. Les Afrikaans font alors batir dessus la république de Natalia, la première république Boer. Son président étant Andries Pretorius

Représentation de Mpande

Carte indiquant la position de la république de Natalia

Drapeau de la république de Natalia

Cependant la formation de cette république ne plaît guerre aux anglais qui envoient des régiments militaires contre elle. Les régiments anglais ont au début du mal à vaincre les Afrikaans mais l'arrivé de plus en plus de renforts montrent aux Afrikaans qu'il faut mieux se soumettre, le 15 juillet 1842, la république de Natalia est dissoute et devient le 4 mai 1843, la colonie britannique de Natal.

De nombreux Afrikaans de la république s'en font dans les terres refusant de retourner sous domination anglaise.

On peut même citer ces mots de Susanna Smit, une Afrikaans,qui préfére « traverser à pieds le Drakensberg pieds nus pour mourir libre, car la mort est plus douce que la perte de leur liberté ».

Le drakensberg est une chaîne de montagne au Nord de la région du Natal.

La statue de la femme boer aux pieds nus commémore l'opposition irréductible des femmes Voortrekkers au gouvernement britannique du Natal après l'annexion de la république de Natalia.

PetronelFourie — Travail personnel

Standbeeld van die Kaalvoetvrou-monument. Foto: Erfenisstigting

Voortrekkers traversant les montagnes

En 1838, les Afrikaans partient plus aux nord au delà de la rivière du Vaal.

Carte indiquant la position de la rivière du Vaal

Représentation de la traversée de la rivière du Vaal

Ils réussissent à vaincre le roi des Ndébélés ,Mzilikazi en 1836 à la bataille de Vegkop, le faisant fuir la région en 1838. De plus la politique de ce jeune roi avaient étés si sanglante que la région étaient très dépeuplés et donc un terreau fertile à l'installation des Afrikaans qui n'ont de ce fait rencontrés que peu de résistance de la population. Mzilikazi était en effet un général au service du roi précédant Dingane, Chaka kaSenzangakhona mais les deux entrèrent en querelle et Mzilikazi fut vaincu et fuit vers le nord pillant et tuant ceux qui ne se joignaient pas à son armée. Il dépeupla ainsi la région que l'on appelle le Transvaal ( au dessus de la rivière du Vaal).

Chaka kaSenzangakhona

Mzilikazi

Représentation de la bataille de Vegkop

Ndébélés devant leur maison traditionnelle

Ndébélés en tenue traditionnel

Mzilikazi en fuite, les Boers proclament dans la région la république sud africaine, souvent appelée la république du Transvaal, appelée Zuid-Afrikaansche Republiek en Afrikaans.

Carte de la république Sud africaine

Drapeau de la république du Transvaal

Sa capitale est Potchefstroom.

Position de la ville de Potchefstroom en actuel Afrique du Sud

Potchefstroom actuellement

Plus au sud, les Boers avaient vaincus les Sothos et établis l'état libre d'Orange (Oranje-Vrystaat en afrikaans) en 1854, (le nom orange vient de la rivière orange ,rivière dont le nom vient de la prestigieuse famille d'Orange Nassau dont le plus important membre Guillaume Ier d'Orange-Nassau avait mené la révolte au 16ème siècle contre les espagnols pour l'indépendance des Pays bas ).

Guillaume Ier d'Orange-Nassau

état libre d'orange

Drapeau de l'état libre d'orange

Les anglais reconnaissent ces républiques, le 17 janvier 1852 pour la république du Transvaal avec le traité de Sand river et en 1854 pour l'état libre d'orange. Les deux républiques font restés avant la découverte de diamants en 1867 ,entre l'état libre d'Orange et la colonie du Cap, et d'or en 1886 au coeur du Transvaal des états très ruraux, avec des différences sur les relations extérieurs, l'état libre d'orange ayant des relations étroites avec la colonie du cap là où le Transvaal cherchent à s'en séparer.

En Transvaal, on remarque également tristement l'arrivée des premières lois ségrationistes qui deviendront rigueur durant l'Apartheid, faisant état des prémices de ce systèmes. On peut noter ainsi ces lois : « aucun indigène n'est autorisé à s'établir près des agglomérations, au détriment des habitants, sans une permission expresse de l'Assemblée ». « Tout indigène doit être porteur d'un laissez-passer remis par son maître, par un missionnaire, par un chef de tribu ou par un landrost (maire) ».

La loi ne faisant que très peu de différence entre les Afrikaans métisses venus avec les Boers et les populations autochtones de la région.

En 1860, La ville de Pretoria est fondée dans le Transvaal par Marthinus Wessel Pretorius, le fils d'André Pretorius, sa famille et son père étant venus dans la région après la chute de la république de Natalia. Marthinus choisi ce nom en l'honneur de son père le héros de la bataille de rivière sanglante pour les Afrikaans.

Jusqu'en 1866, les autochtones venus hors de leurs terres avaient obligation de travailler 1 ans dans les fermes dont 6 mois à titre gratuit, la législation sera modifié en 1866 pour imposer dès le début un salaire raisonnable.

Mémorial du traité de Sand River

En 1875 dans la colonie du Cap, Stephanus Jacobus du Toit, un pasteur de l'église réformée néérlandaise avec un groupe de pasteurs et d'enseignants forment un mouvement de revendication culturel, Die Genootskap van Regte Afrikaners (l'association des vrais Afrikaners), mouvement qui souhaite imposer l'utilisation de l'Afrikaans aux côtés de l'anglais comme langue officielle de la colonie. Il y a également une idée de donner à la langue Afrikaans ces lettres de noblesse.

Stephanus Jacobus du Toit

En 1876,ce mouvement lance un journal, Die Afrikaanse Patriot avec pour devise, écrivez comme vous parlez. Il souhaite par ce biais pousser les Afrikaans blancs à se libérer de leur sentiment d'infériorité face aux anglais et essaye d'éveiller une prise de conscience. Défendre la langue Afrikaans devient alors dans les esprits la même chose que défendre la culture Afrikaans.

En 1877, Stephanus Jacobus du Toit écrit un ouvrage d'histoire des Afrikaans blancs, Die Geskiedenis van ons Land in die Taal van ons Volk (L’Histoire de notre pays dans la langue de son peuple). Ce texte malgré son ton historique est très empreint des idées des Afrikaans blancs de son temps, dans l'ouvrage les Afrikaans blancs sont décrits comme un petit peuple élu de dieu qui suit sa volonté, comparé aux hébreux, le grand trek ( la période de migration qui poussé à la formation des républiques Boer) étant comparé à l'exode des juifs d'égypte.

Ce mouvement marque bien ce qui va être important pour les Afrikaans blancs, cette peur de disparaître dans un état où ils sont minoritaires, leur rapport à la religion pour justifier leurs actes.

En 1877, le Transvaal en situation de banqueroute complet, ruiné et menacé par les Zoulous au sud, Lord Carnavon, ministre des colonies britanniques souhaitant la formation d'une Afrique du Sud unifié pense que les Afrikaans seront ravis d'être annexé par les Britanniques.

Le 4 Janvier 1877, on envoie donc Sir Theophilus Shepstone entra dans le Transvaal et atteignit sans rencontrer de résistance Pretoria la capitale du Transvaal où il discuta de l'annexion du Transvaal par les Britanniques. Ces discussions aboutirent le 12 Avril 1877.

Sir Theophilus Shepstone

Paul Kruger, vice président de la république fut l'un des rares à s'opposer à cela. Cependant peu suivirent, ne voulant pas en plus de la menace Zouloue affrontait l'empire britanniques sans compter les menaces d'autres peuples voisins.

Paul Kruger

Paul Kruger prépare avec l'aide de Marthinus Wessel Pretorius, le fils d'Andries Pretorius, la lutte armée contre l'occupant britannique. Elle fut prête en 1880. Cependant, les deux personnes jugèrent qu'ils seraient mieux d'abord de s'occuper des menaces locales et des Zouloues avant de combattre les britanniques.

Marthinus Wessel Pretorius

Marthinus Wessel Pretorius

Sir Theophilus Shepstone devenu gouvernement du Transvaal voyant d'un mauvais oeil l'expansionisme récent des Zoulous, peur augmentait par le renforcement des Zoulous qui commencent à utiliser des armes à feu, envoya des troupes britanniques les combattre lors de la guerre anglo-zoulou. Cette guerre fut difficile car même si les Britanniques font la gagner, ils font subir énormément de pertes, perdant par exemple la bataille d'Isandhlwana. Cette défaite étant considérée comme une des plus douloureuses défaites coloniales de l'Angleterre, elle se terminera par une victoire Zoulou avec la mort de 1300 soldats britanniques sur les 1700 présents lors de la bataille.

Les britanniques entrant dans le pays Zoulou

Représentation de la bataille d'Isandhlwana

Guerriers Zoulous

Cependant la victoire finale des britanniques va provoquer l'annexion du pays Zoulou par ces derniers et la fin de l'indépendance pour les Zoulous. Les britanniques font après affronter quelques peuples autochtones de la région du Transvaal comme les Pedis.

Cependant, les Afrikaans qui avaient accepté l'annexion par les Britanniques de leur pays en raison des menaces Zoulous et des autres peuples autochtones voient maintenant d'un très mauvais oeil la présence britanniques sur leurs terres. Des voix Afrikaans s'élèvent contre leur annexion par les Britanniques, disant qu'en vertu du traité de Sand River qui reconnaissait l'indépendance de la république cette annexion est illégale.

Le 13 décembre 1880, 6000 Boers se réunirent en haut du site Paardekraal pour jurèrent de reprendre leur liberté et leur indépendance !

Rassemblement en 1890 d'Afrikaans pour commémorer les 10 ans de l'événement

Le 16 décembre 1880, la révolte commença et les Afrikaans commencèrent la lutte armée pour leur liberté à Potchefstroom la première capitale de la république du Transvaal avant la création de Pretoria, territoire appelée 94th par les britanniques. Cela conduisit le 20 décembre à la bataille de Bronkhorstspruit.

Sépultures des britanniques après la bataille

Cette bataille concerna en fait l'attaque par surprise d'un convoi britannique et fut si rapide que les britanniques ne purent résister, en 15 minutes l'issu de l'afrontement était fini.

Boers combattant

Du 22 décembre 1880 au 6 janvier 1881, les Boers parvinrent à encercler toute les garnisons Britanniques du Transvaal.

Les Boers ne possèdaient pas d'armée régulière. Les forces Boers étaient composées de volontaires se rassemblant en Kommandos, ils élisaient alors leurs officiers. Les Boers n'avaient donc uniformité, les Boers portant donc généralement leurs tenues de tous les jours et amenait ses armes et montures pour le combat. De par leur histoire, les Afrikaans étant partit pour le Grand Trek avaient des armes à feu et des montures pour vivre dans la nature et ils connaissaient très bien le terrain du combat.

Le 28 janvier 1881, eu lieu la bataille de Laing's Nek. Il eut lieu dans les montagnes du Drakensberg entre les forces britanniques du Natal venues aider les britanniques assiégés. Les Boers installant dans les montagnes font parvenir à arrêter les Britanniques et les chassant. Elle fut la dernière bataille de la guerre des Boers où les Britanniques arrivèrent à repartir avec leurs couleurs (dans les prochaines batailles, les Afrikaans purent brandir les couleurs britanniques prisent à l'ennemi). Les britanniques subissant la mort de 35% d'un de leurs régiments lors de la bataille. Sur les 480 qui avaient donné la charge au début, 150 ne revinrent pas.

Le 8 février 1881, à la bataille de Schuinshoogte où d'Ingogo, les britanniques tentèrent de sécurisés les lignes de ravitaillement qui étaient tous le temps harcelés par les Boers et de permettre l'arrivée facilement de renfort pour lutter contre les Afrikaans.

La bataille fut stoppée par une forte pluie qui vit grossir la rivière d'Ingogo forçant les britanniques à partir dans la précépitation, cette dernière rendi la rivière intraversable avec de l'artillerie. Les Boers constatant cela, décidèrent d'attendre la nuit pour se préparer au combat le lendemain, les britanniques décidant quand même de fuir par la rivière, beaucoup de britanniques se noyant dans cette opération.

Cette bataille démoralisa les troupes britanniques.

Le 14 février, des négociations avaient commencé entre Paul Kruger et les britanniques sur la fin des hostilité. Cependant certains britanniques s'y opposèrent et voulurent continuer le combat pour donner une position plus avantageuses aux britanniques lors des négociations.

Le 27 février 1881 eut lieu la bataille de Majuba, bataille qui provoca la victoire complète des Boers (les Boers ne subissant qu'un mort, elle marqua pendant longtemps les esprits des Afrikaans comme une de leurs grandes victoires) sur les britanniques et conduisit à la signature d'un armistice le 6 mars puis d'un traité de paix le 22 mars.

Britanniques lors de la bataille de Majuba

Hauteur de Majuba, le lieu de l'affrontement où s'était replié les britanniques

Représentation de la bataille

Drakensberg

Le 23 mars 1881, les Britanniques accordèrent une indépendance de gouvernement sous une tutelle britannique théorique, les Boers acceptant nominalement la loi de la Reine et le contrôle britannique sur les affaires africaines et les territoires indigènes. Le 3 août 1881, une convention fut établi. Elle fut ratifié le 25 octobre 1881 par le Transvaal Volksraad (le parlement du Transvaal) provocant le retrait progressif des troupes britanniques.

le Raadsaal de Pretoria, le batiment du Volksraad

En 1884, la convention de Londres, redonna au Transvaal son indépendance complète.

Les signataires de la convention de Londres avec Paul Kruger

Je terminerais ici cette épisode en espérant qu'il vous aura plu. Je continuerais la suite de leur histoire et je parlerais de leur culture dans un second épisode.

Vous pouvez retrouver les anciens épisodes avec ce Lien